Le Moon Rock

Publié le , par Noémie Leroy
moon rock image à la une

Si certains produits sont vendus sous une forme « imitant » le cannabis illégal (fleurs, haschich, huiles de graines) riche en THC (tétrahydrocannabinol), d’autres sont plus originaux (baume au cbd, bougies parfumées au chanvre, capsules à ingérer, e-liquide au CBD pour cigarette électronique) et spécifiques à l’hétérogénéité des utilisateurs de CBD qui recherchent juste les effets relaxants du CBD plutôt qu’un usage mimant la consommation d’une drogue. En effet, il est plutôt rare qu’un ancien fumeur de joints s’approvisionne en bougies au CBD pour commencer un sevrage du cannabis.

Si les fleurs de cannabis (têtes de beuh, weed, herbe, marijuana, ganja, bud), le haschich (shit, chichon, hash, pollen, résine de cannabis) et l’huile sont des termes plutôt populaires différenciant les formes pour consommer du chanvre avec ou sans THC, une petite nouvelle a fait son apparition sur le marché du CBD (cannabidiol): le moon rock.

Généralités sur le moon rock

Le « moon rock » (pierre lunaire) est apparu aux États Unis vers 2014 et est considéré comme la forme de cannabis la plus forte du monde. Il est composé d’une fleur de cannabis de qualité premium, trempé dans de l’huile de weed puis, roulé dans du Kief ou du haschich sec, à la façon d’une chapelure. Cette forme de cannabis très appréciée dans le milieu du hip hop, a été popularisée dès 2015, quand le rappeur américain Kurupt a mis en place sa propre version : la Kurupt’s Moonrock, issue d’une variété Girl Scout Cookies, trempée dans l’huile de beuh et parsemée du « Sicdust ».

Le moon rock tire son nom de son aspect similaire à une pierre de lune.

Quelques définitions et informations

– Kief et haschich : ces formes de cannabis se différencient uniquement par leur mode de pressage. Leur composition et leur taux en cannabinoïdes (CBD et THC notamment), terpènes et flavonoïdes sont les mêmes d’une forme à l’autre car ces facteurs ne dépendent que de la variété d’herbe utilisée. Le kief (kifi, kif, skuff) et le haschich (shit, chichon, marocain, hash, népalais, pollen, afghan, …) sont obtenus à partir des fleurs de weed soigneusement tamisées afin de séparer la résine (trichomes) du reste de la plante. La poudre jaune verdâtre obtenue est ensuite pressée manuellement (kif) ou à chaud hydrauliquement (haschich). Dans ce dernier cas, la pâte résultante est plus dure, compacte et sombre qu’avec une presse manuelle.
– Sicdust : nom donné à la poudre jaune verdâtre obtenue une fois les fleurs de cannabis tamisées.
– Trichomes : Les trichomes sont des poils tapissant la surface d’un organe végétal (en concentration variable selon les plantes et les organes). Ils peuvent avoir différentes fonctions telles que l’augmentation de la surface d’absorption racinaire, la limitation de l’évapotranspiration, la rétention de l’eau de pluie et la protection du végétal. Dans le cannabis, ils sont le lieu de synthèse des principes actifs (cannabinoïdes, terpènes et flavonoïdes). Leur niveau de maturation aura donc un effet considérable sur les qualités organoleptiques (goût et odeur conférés par les terpènes) et le taux des cannabinoïdes (CBD et THC notamment) de l’herbe.
– Bourgeons de sativa : Les buds de variété sativa sont généralement longs et aérés, car étendus tout le long de la branche.
– Bourgeons d’indica : Les têtes de variété indica sont denses et se forment en grappe au niveau des entre-nœuds des branches.
– Hybride : issu d’un croisement de variétés de marijuana différentes.

Fabrication du moon rock

Comme c’est le cas pour tout produit, la qualité des moon rocks retrouvés sur le marchés dépend de la qualité des matières premières. Cette pertinence aura forcément un impact sur le prix du produit fini mais ses propriétés organoleptiques et ses effets relatifs n’en seront que meilleurs !

Une fois la variété de cannabis choisie pour la réalisation du moon rock, sa fabrication se fait en 3 étapes :
– Manucure soignée de têtes de beuh bien sèches : consiste à ôter, au mieux, les tiges et les feuilles des inflorescences.
– Bain d’huile de cannabis (préférentiellement une huile fullspectrum bio)
– Saupoudrage de kif ou de haschich bien sec
La taille et la densité des buds a son importance, plus ils seront gros et compacts et plus le moonrock se tiendra bien. Il se fait donc généralement à partir d’indica ou d’hybride à dominance indica. Il est cependant tout à fait possible de trouver des variétés sativa de moon rocks.
Les variétés d’herbes utilisées dans sa fabrication sont généralement issues de culture indoor (en intérieur) afin de pouvoir contrôler parfaitement tous les paramètres de culture (humidité, température, éclairage) et, ainsi, garantir l’excellence des inflorescences.

Comment consommer du moon rock ?

Pour pouvoir goûter du moon rock, il faut déjà pouvoir s’en procurer. En France, pour trouver cette forme de marijuana dans sa version illégale (fort taux de THC), il faudra connaître les bonnes personnes et écouter les bons avis. En effet, ce qui est vendu sous le coude est loin de garantir une bonne qualité de produit et les prix sur ce marché illicite peuvent aller jusqu’à 40 eur le gramme. En revanche, dans des villes comme Amsterdam (Pays Bas) ou Barcelone (Espagne), des coffee shops et des clubs spécialisés dans le cannabis proposent du moon rock de toutes sortes, avec un rapport qualité / prix intéressant (autour de 30 eur le gramme) puisque ces pays sont potentiellement les producteurs. Le moon rock CBD (taux de THC < 0,2%) peut quant à lui, se trouver facilement. Si les shops CBD physiques sont encore réticents face à la loi (produit puissant) pour étaler cette forme de cannabis dans leur vitrine, sur internet, de nombreux sites se sont lancés dans l’aventure en garantissant un achat et un service de livraison discret à leurs clients. Malgré un prix élevé au gramme (de 15 à 30e le gramme en moyenne), le moon rock est rapidement devenu un produit star !

De par sa texture compacte, le moon rock est très difficile à broyer dans un grinder classique. Il faudra gratter des petits bouts à la main ou à l’aide d’une paire ciseaux. Attention, il n’est pas toujours très aisé de ne pas faire de brosses boulettes qui atterriront inévitablement par terre s’il est consommé dans un joint. Si c’est toutefois la méthode de consommation désirée, il faudra s’armer de patience pour le hacher le plus finement possible et de préférence le déposer sur un peu de weed avant de le rouler, car sa matière résineuse collante ne convient pas au papier. À fumer, préférez la pipe ou le bang. 

Le moonrock peut aussi se cuisiner à la façon « space cake » (gâteau fait avec de l’herbe ou du haschich) déjà célèbre ou dans n’importe quel autre plat ou infusion. Cependant, avec la digestion, les effets se feront attendre et seront amoindris, vu le prix au gramme de ce produit, ce serait un peu : gâcher la marchandise !

La meilleure méthode pour inhaler du moon rock reste le vaporisateur. Il suffit de déposer des petits morceaux de cette forme de cannabis très particulière dans la chambre de l’appareil et le tour et joué ! Cette technique n’entraîne pas de combustion extrêmement nocive pour la santé, elle permet en revanche de profiter pleinement des puissants effets du moon rock dans un nuage de vapeur dense !

Les effets et les propriétés organoleptiques du moon rock

Que l’on parle de la version CBD ou de la version THC, dans tous les cas, le moon rock est le type de produit cannabis le plus puissant connu à ce jour. En effet, les trois matières premières (variété premium de fleurs de weed, huile concentrée et Kif ou hashich) qui sont utilisées dans la fabrication de ce produit sont très concentrées naturellement en cannabinoïdes. Toutes ces teneurs ajoutées les unes aux autres peuvent donner des taux en cannabinoïdes vertigineux au produit fini (jusqu’à 90% pour le THC et 70% pour le CBD). Ce type de produit est donc fortement déconseillé aux novices du cannabis.

Dès les premières inhalations, un effet puissant monte au cerveau puis se répand lentement dans tout le corps et là, le qualificatif « stone » prend tout son sens !

Puisque le moon rock est fabriqué avec diverses variétés de marijuana (comme l’OG Kusk ou la Skunk), ses saveurs et se arômes sont très étendues mais surtout très prononcés. Les 3 formes de cannabis superposées donne au moonrock des propriétés organoleptiques uniques et particulièrement tenaces en bouche.
Vu sa puissance, quelques conseils avant d’en consommer peuvent être utiles :
– Toujours prévoir une bouteille d’eau : s’hydrater, s’hydrater, s’hydrater ! La sensation de soif se fait rapidement sentir et la déshydratation buccale (vulgairement nommée « la pâteuse ») est à son apogée !
– Dès la première bouffée/inhalation, une grosse montée peut arriver très (trop) rapidement et engendrer une difficulté à se mouver normalement. Un conseil, asseyez vous et laisser faire !
– Un en-cas juste avant le grand saut : Afin d’éviter une bonne fringale dans le meilleur des cas ou des nausées dans le pire scénario, causées par l’absorption d’une grosse dose de cannabinoïdes sur un estomac vide.
– Et surtout, ne rien programmer dans les heures suivant sa consommation, mis à part, vous détendre.

Le moon rock dont l’aspect ressemble, comme son nom l’indique, à une pierre lunaire, est réputé comme étant le produit au cannabis le plus puisant du monde. Une fois qu’on sait comment il est fabriqué, on comprend aisément pourquoi ! Aucune fleur ou huile de chanvre peuvent atteindre naturellement une telle teneur en cannabinoïdes. Il est de ce fait considéré tel un millésimé ou comme du caviar selon les avis de ses consommateurs.